Les faits clés
- 40,3 % des bacheliers 2020 entrés en première année de licence ont obtenu leur diplôme en 3 ou 4 ans. En BTS, 58,6 % des entrants de 2022 ont obtenu le leur en 2 ou 3 ans (MESR-SIES, Note Flash n° 29, novembre 2025 et Note Flash n° 2026-08, mai 2026).
- L'écart dépend du bac. Bac général : 46,1 % de licences en 3 ou 4 ans contre 75,0 % de BTS en 2 ou 3 ans. Bac technologique : 14,0 % contre 63,2 %. Bac professionnel : 6,5 % contre 44,6 % (mêmes sources).
- La licence générale ne mène pas à l'emploi, elle mène au master : 83,7 % des diplômés 2024 poursuivent leurs études. Parmi ceux qui s'arrêtent, 53,5 % occupent un emploi salarié en France 18 mois plus tard, contre 76,5 % après une licence professionnelle (MESR-SIES, Note Flash n° 2026-18, juillet 2026).
- Après un BTS préparé en lycée, 48 % des sortants poursuivent des études et 55 % de ceux qui s'arrêtent sont en emploi salarié six mois plus tard (DEPP-Dares, Note d'Information n° 25.68, décembre 2025).
- Sur Parcoursup, la licence est le vœu le plus souvent accepté (40 % des candidats admis, dont 3 % en L.AS), devant le BTS (21 %) (EESR n° 19, fiche 10).
La formation la plus choisie est celle où l'on réussit le moins
Quatre bacheliers sur dix entrés en licence en sortent diplômés en trois ou quatre ans. Le chiffre est celui du ministère de l'Enseignement supérieur, et il baisse : moins 5,4 points par rapport à la génération précédente. La licence reste pourtant, chaque année, la formation la plus acceptée sur Parcoursup.
Le BTS, lui, est accepté deux fois moins souvent et diplôme six entrants sur dix en deux ou trois ans. Présenté ainsi, le match paraît plié. Il ne l'est pas, parce que les deux formations n'accueillent pas les mêmes bacheliers. La licence recrute à 83 % des bacheliers généraux. Le BTS en lycée accueille 34 % de bacheliers professionnels, 31 % de bacheliers technologiques et 16 % seulement de bacheliers généraux. Comparer les deux moyennes nationales, c'est comparer deux publics.
La bonne question n'est donc pas « licence ou BTS ». C'est « licence ou BTS, pour un bachelier général, technologique ou professionnel, avec ou sans mention ». Et à cette question, les données du ministère répondent ligne par ligne.
Licence ou BTS selon le bac de votre enfant : le tableau
Les deux notes du SIES publient les mêmes découpages. Voici les taux de diplôme à l'horizon normal de chaque formation plus une année de rattrapage : trois ou quatre ans pour la licence, deux ou trois ans pour le BTS.
| Profil à l'entrée | Licence obtenue en 3 ou 4 ans | BTS obtenu en 2 ou 3 ans |
|---|---|---|
| Bac général | 46,1 % | 75,0 % |
| Bac technologique | 14,0 % | 63,2 % |
| dont STMG | 10,3 % | 61,2 % |
| Bac professionnel | 6,5 % | 44,6 % |
| Mention Très bien | 69,7 % | 78,8 % |
| Mention Bien | 60,5 % | 70,3 % |
| Mention Assez bien | 42,8 % | 61,2 % |
| Sans mention, admis au premier groupe | 21,6 % | 51,0 % |
| Sans mention, admis au rattrapage | 8,8 % | 39,2 % |
| Ensemble | 40,3 % | 58,6 % |
Sources : MESR-SIES, Note Flash n° 29 (bacheliers 2020 inscrits en L1, session 2024) et Note Flash n° 2026-08 (entrants en STS à la rentrée 2022 sous statut scolaire, session 2025).
Trois lectures s'imposent.
Pour un bachelier technologique, le BTS diplôme quatre fois et demie plus souvent que la licence. Pour un bachelier professionnel, près de sept fois plus. Ces deux publics représentent 17 % des entrants en licence et 65 % des entrants en BTS, et le ministère écrit noir sur blanc que leurs taux de réussite en licence « sont également en baisse ».
Pour un bachelier général, l'écart existe mais il se resserre : 75 % contre 46 %. Et il se resserre encore avec la mention. Un élève sortant avec la mention Très bien obtient sa licence dans 69,7 % des cas et son BTS dans 78,8 % des cas. À ce niveau, le choix ne se fait plus sur la probabilité de réussir. Il se fait sur le projet.
Pour un bachelier général sans mention, le tableau change de nature. Admis au premier groupe, il a une chance sur cinq d'obtenir sa licence en quatre ans, une sur deux d'obtenir son BTS en trois ans. Admis au rattrapage, moins d'une chance sur dix en licence. C'est le profil pour lequel la question « licence ou BTS » se pose le plus sérieusement, et c'est aussi celui pour lequel elle est le moins souvent posée, parce que la licence n'a pas de sélection à l'entrée et que le dossier n'y est pas un obstacle.
Deux précautions de lecture. Les deux cohortes ne sont pas les mêmes : bacheliers 2020 d'un côté, entrants 2022 de l'autre, et le SIES précise que le bac 2020, passé pendant la crise sanitaire avec un taux de réussite exceptionnel, tire les résultats en licence vers le bas. Le champ du BTS exclut par ailleurs les apprentis et les lycées privés hors contrat. Les ordres de grandeur tiennent. Les décimales, non.
Ce que la première année dit du reste
En licence, la première année fait le tri que Parcoursup ne fait pas. Parmi les néo-bacheliers 2023, 49,1 % sont passés en deuxième année à la session 2024. Un quart a redoublé (25,4 %). Un sur dix s'est réorienté (10,8 %) et un sur sept a quitté l'enseignement supérieur (14,7 %). La moitié d'une promotion de L1 n'est donc pas en L2 l'année suivante.
En BTS, le passage en deuxième année concerne 68,3 % des entrants, avec le même gradient : 78,6 % des bacheliers généraux, 71,5 % des technologiques, 58,8 % des professionnels.
La différence tient à la structure des deux formations, pas à la valeur des étudiants. Un étudiant de BTS reste en lycée, dans une classe, avec des professeurs qui le connaissent par son nom. Un étudiant de licence découvre l'amphithéâtre et une autonomie que le lycée ne lui a pas apprise. Le ministère mesure cet effet par un autre biais, l'origine sociale : en licence, 48,8 % de réussite en 3 ou 4 ans pour les enfants de milieu très favorisé contre 32,0 % pour ceux de milieu défavorisé. En BTS, l'écart existe aussi (63,4 % contre 49,0 % en deux ans), mais il part de plus haut.
Emploi et salaire : deux formations qui n'ont pas le même but
C'est ici que la comparaison est le plus souvent faussée. La licence générale n'est pas conçue pour l'insertion. Le SIES le formule sans détour : « La licence générale n'a pas pour vocation l'insertion professionnelle du fait de son contenu largement théorique. » Et les chiffres suivent : 83,7 % des diplômés 2024 de licence générale poursuivent leurs études, le master étant la suite prévue du diplôme. Parmi les 16 % qui s'arrêtent, 53,5 % occupent un emploi salarié en France dix-huit mois plus tard, et 29,4 % un emploi stable.
La licence professionnelle, qui se prépare en un an après un BTS ou une L2, donne 76,5 % d'emploi salarié à dix-huit mois et 57,3 % d'emplois stables. Le BUT, 69,8 %. Ces trois chiffres viennent de la même publication, sur le même champ et à la même échéance : ils se comparent entre eux.
Le BTS, lui, est mesuré par un autre dispositif, InserJeunes, à six mois et sur un champ différent. Sur les sortants 2024 d'un BTS préparé en lycée, 48 % poursuivent des études et 55 % de ceux qui s'arrêtent sont en emploi salarié en janvier 2025, en baisse de 3,4 points en un an. Ce 55 % à six mois ne se compare pas au 76,5 % de la licence professionnelle à dix-huit mois. Nous avons détaillé pourquoi dans notre article sur les formations avec le meilleur taux d'emploi après le bac.
Sur les salaires, les sources ont été harmonisées et les ordres de grandeur se lisent ensemble. Dix-huit mois après une licence professionnelle, la moitié des diplômés 2022 gagnent entre 1 690 € et 2 160 € nets par mois. Après une licence générale, entre 1 500 € et 1 940 €. Après un BTS, la médiane des sortants 2021 en emploi salarié privé était de 1 613 € nets en juillet 2022. Le détail, avec les réserves de champ, est dans notre article sur les salaires après BUT, BTS et licence.
Autrement dit : un BTS s'arrête à bac+2 avec un emploi possible, une licence générale s'arrête à bac+3 avec un master attendu. Choisir la licence, c'est choisir cinq ans. Le dire à un lycéen de dix-sept ans change souvent sa réponse.
Sur Parcoursup, les deux formations ne se demandent pas de la même façon
La licence est une formation non sélective. Elle doit accueillir tous les candidats de son académie dans la limite de sa capacité, et elle peut répondre « oui, avec aménagement » : le candidat est admis à condition de suivre un parcours de remise à niveau ou de tutorat. En 2025, 24 000 étudiants ont été inscrits dans un tel parcours (FAQ Parcoursup, « Recevoir les réponses »). L'absence de sélection est une porte ouverte. Les taux de réussite ci-dessus disent ce qu'il y a derrière.
Le BTS est une formation sélective. Une commission formée principalement des professeurs de la section examine chaque candidature, et le code de l'éducation impose un examen prioritaire des bacheliers professionnels : parmi les candidats qu'elle juge aptes, la commission inclut ceux qui ont reçu un avis positif à la poursuite d'études en BTS, et l'admission des bacheliers généraux est prononcée « sous réserve » de cette règle (code de l'éducation, article D. 612-31). Le recteur fixe en outre, pour chaque spécialité, un pourcentage minimal de bacheliers professionnels dans les BTS et de bacheliers technologiques dans les BUT (article L. 612-3). Un bachelier général qui demande un BTS entre donc en concurrence sur une part des places, pas sur toutes.
Ces règles se lisent dans les résultats de la session 2025 : 97 % des bacheliers généraux ont reçu au moins une proposition, contre 92 % des technologiques et 83 % des professionnels. Un bachelier professionnel qui ne demande que des licences a peu de chances d'y réussir. Un bachelier professionnel qui ne demande que des BTS très demandés peut rester sans proposition. La liste de vœux se construit avec les deux contraintes, et notre guide sur comment lire un taux d'admission Parcoursup explique comment repérer les formations accessibles.
Combien ça coûte
Pour 2026-2027, l'inscription en licence dans une université publique coûte 178 € de droits, plus 105 € de contribution de vie étudiante et de campus, soit 283 € par an. Les boursiers sont exonérés des deux (service-public.gouv.fr, frais d'inscription à l'université).
Un BTS préparé dans un lycée public ne donne lieu à aucun droit d'inscription, et les étudiants de BTS inscrits en lycée ne sont pas assujettis à la CVEC (FAQ CVEC, etudiant.gouv.fr). Dans un lycée privé sous contrat, l'établissement fixe sa contribution, et elle n'est plafonnée par aucun texte.
Ce que ça change pour votre famille
Le bac de votre enfant est la première donnée, avant ses goûts. Un bachelier technologique ou professionnel qui vise une licence générale entre dans une formation qui diplôme moins de 15 % de ses semblables en quatre ans. Ce n'est pas une interdiction. C'est une information que l'université ne lui donnera pas à l'inscription, puisqu'elle ne sélectionne pas.
La mention pèse plus que la filière. Un bachelier général avec mention Bien ou Très bien réussit dans les deux formations. Sans mention, l'écart passe du simple au double, et au rattrapage, du simple au quadruple. Les bulletins de première et de terminale ne servent pas qu'à Parcoursup, ils prédisent la suite.
Licence veut dire master. Poser la question « es-tu prêt pour cinq ans d'études » avant de poser la question « licence ou BTS » évite la réorientation de deuxième année. Nous avons décrit toutes les options de réorientation après le bac, mais chacune coûte une année.
Le BTS ne ferme pas la porte des études longues. Près d'un étudiant sur deux est encore en études l'année qui suit sa dernière année de BTS, en licence professionnelle, en troisième année de BUT, en licence ou en école. Un enfant qui hésite peut choisir deux ans encadrés, puis décider avec un diplôme en poche. L'inverse, commencer en licence et se rabattre sur un BTS, existe aussi, mais avec une année perdue et un dossier moins lisible.
Les deux vœux sont compatibles sur la même liste. Chaque formation ne voit que le vœu qui la concerne. Demander des licences et des BTS n'est pas un aveu d'indécision, c'est la seule manière de laisser le choix ouvert jusqu'en juin.
La licence n'est pas la voie par défaut, et le BTS n'est pas la voie de repli. Ce sont deux formations qui réussissent à des profils différents, pour des projets différents. Les taux de réussite par bac et par mention existent, ils sont publics, et ils disent à chaque famille dans quelle colonne du tableau son enfant a le plus de chances de se trouver dans trois ans.