Les faits clés
- Le grade de licence est conféré de plein droit aux titulaires d'une licence ou d'une licence professionnelle. Un diplôme d'école privée ne l'obtient que s'il figure, nommément, sur une liste arrêtée par le ministre (décret n° 2015-1168 du 21 septembre 2015).
- Pour candidater en master sur Mon Master, une licence suffit, mais aussi « un autre diplôme de niveau au moins égal à bac+3 » (FAQ Mon Master).
- En cas de refus partout, seul le titulaire d'un diplôme national de licence peut saisir le recteur, qui doit alors lui présenter trois propositions d'admission en master (Mon Master, saisine du recteur).
- Une année de licence coûte 178 € de droits d'inscription en 2026-2027, plus 105 € de contribution de vie étudiante (service-public.gouv.fr). Aucune statistique publique ne donne le prix d'un bachelor.
- Près de 800 000 étudiants étaient inscrits dans le privé en 2024-2025, 34 % de plus qu'en 2018. La loi qui doit encadrer les contrats de ces écoles a été votée par le Sénat le 1er juin 2026 et attend toujours l'Assemblée nationale (Sénat, rapport n° 642 et dossier législatif).
Un bachelor et une licence, est-ce le même diplôme ?
Non, et c'est la première chose à savoir. La licence est un diplôme national. Ce sont les universités qui la délivrent, y compris quand un établissement privé y prépare ses étudiants par convention. Le bachelor est un diplôme d'établissement : chaque école lui donne son nom, son programme et son prix.
Le mot « bachelor », lui, ne désigne aucun diplôme défini par le code de l'éducation. Une école peut l'utiliser pour un programme de trois ans contrôlé par le ministère, comme pour un cursus que personne n'a évalué. Le projet de loi sur l'enseignement supérieur privé, dans sa version adoptée par le Sénat, ne réglemente pas davantage ce terme.
Comparer « bachelor ou licence » revient donc à comparer un diplôme dont le cadre est fixé par l'État à une famille de diplômes très hétérogène. La seule façon de lire un bachelor est de vérifier, formation par formation, ce que l'État en a contrôlé. Trois niveaux existent, du plus faible au plus fort.
- L'enregistrement au RNCP, niveau 6. Le diplôme est enregistré comme une certification professionnelle de niveau bac+3. C'est une reconnaissance pour l'emploi, pas un contrôle académique. L'article École publique ou privée après le bac explique comment vérifier une fiche RNCP.
- Le visa du ministère. Le ministère chargé de l'enseignement supérieur vise le diplôme après évaluation. La liste des établissements autorisés à délivrer un diplôme visé est publiée au Bulletin officiel.
- Le grade de licence. C'est le niveau le plus élevé. Le même arrêté qui liste les diplômes visés précise, ligne par ligne, ceux qui confèrent en plus le grade de licence (exemple : arrêté du 25 juin 2021). Visa et grade sont deux mentions distinctes : un bachelor peut être visé sans conférer le grade.
Sur Parcoursup, ces contrôles apparaissent sous forme de labels « contrôlé par l'État », affichés sur la fiche de chaque formation. Le ministère le rappelle dans sa page du 11 juillet 2026 : les labels « sont liés aux formations contrôlées et non aux établissements » (MESR).
Le grade de licence donne-t-il les mêmes droits qu'une licence ?
Pour candidater en master, oui. Pour être protégé en cas d'échec, non. C'est la différence la moins connue entre les deux parcours, et elle se joue trois ans après le bac.
Côté candidature, la règle est large. Mon Master accepte les candidats titulaires d'une licence, mais aussi d'« un autre diplôme de niveau au moins égal à bac+3 ». La notice du décret de 2015 sur le grade de licence précise qu'il permet à ses titulaires « de faire valoir une certification pour la poursuite d'études en master et dans le cadre d'une mobilité internationale ». Un bachelor gradé ouvre donc la porte des candidatures. Les commissions de master restent libres de leur sélection, comme pour tout candidat.
Côté filet de sécurité, la règle est étroite. Le code de l'éducation pose un principe : tout titulaire d'un diplôme national de licence qui le souhaite doit se voir proposer une poursuite d'études en master. Concrètement, un étudiant qui n'a reçu que des refus peut saisir le recteur de sa région académique, qui doit lui présenter trois propositions d'admission compatibles avec sa licence.
La plateforme Mon Master est explicite sur le public visé : la saisine est ouverte à l'étudiant « titulaire d'un DNL », c'est-à-dire d'un diplôme national de licence obtenu au cours des trois dernières années universitaires. Le grade de licence n'y figure pas. Pour la rentrée 2026, la procédure se termine le 28 octobre 2026.
Il existe une exception utile à connaître. Certains établissements privés préparent leurs étudiants à une licence nationale, délivrée par une université avec laquelle ils ont signé une convention. Mon Master prévoit ce cas : l'étudiant indique alors le nom de l'université partenaire. Le diplôme obtenu est une vraie licence, avec le même droit à la saisine du recteur.
Combien coûte un bachelor par rapport à une licence ?
Une licence coûte 178 € de droits d'inscription par an en 2026-2027, soit 534 € sur trois ans, auxquels s'ajoute la contribution de vie étudiante de 105 € par an. Les boursiers sont exonérés des droits d'inscription.
Pour un bachelor, aucun chiffre national n'existe. Ni le ministère, ni la statistique publique ne relèvent les frais de scolarité des écoles privées. Le seul endroit fiable est la fiche de la formation sur Parcoursup : les établissements présents sur la plateforme doivent y afficher leurs frais, et la charte qu'ils signent leur interdit de demander un acompte avant l'inscription.
Hors Parcoursup, les familles signent un contrat dont le cadre reste aujourd'hui celui du droit commun. Le projet de loi adopté par le Sénat le 1er juin 2026 prévoit de l'encadrer :
- résiliation sans motif possible jusqu'à 30 jours avant le début de la formation, avec remboursement intégral hors frais administratifs plafonnés,
- interdiction d'exiger plus de 10 % du prix annuel par anticipation,
- obligation d'afficher « le montant de l'ensemble des frais afférents à la scolarité » et « la nature de sa reconnaissance par l'État », sans exiger les coordonnées du candidat.
Ces règles ne s'appliquent pas encore. Le texte a été transmis à l'Assemblée nationale le 2 juin 2026 et n'y a pas été voté à ce jour (dossier législatif du Sénat). Pour les vœux de l'hiver 2027, il faut raisonner avec le droit actuel.
Que deviennent les étudiants après une licence ou un bachelor ?
Pour la licence, les données publiques existent et elles sont précises. Parmi les bacheliers 2020 entrés en première année de licence, 40,3 % ont obtenu leur diplôme en trois ou quatre ans. Le taux varie fortement selon le profil : 46,1 % pour un bac général, 69,7 % avec une mention très bien, 21,6 % avec une mention passable obtenue au premier groupe (MESR-SIES, note flash n° 29).
Après le diplôme, la licence générale est d'abord une étape : 83,7 % de ses diplômés 2024 poursuivent leurs études. Parmi ceux qui ne poursuivent pas, 53,5 % sont en emploi salarié 18 mois plus tard. Le ministère l'écrit lui-même : la licence générale « n'a pas pour vocation l'insertion professionnelle » (MESR-SIES, note flash 2026-18).
Pour les bachelors, cette série publique n'existe pas. La note du ministère sur l'insertion porte sur la licence générale, la licence professionnelle, le BUT et le master. Les chiffres d'un bachelor viennent donc de l'école elle-même. Ils ne sont pas faux par principe, mais ils ne sont ni calculés selon une méthode commune, ni vérifiés par un tiers. Avant de les comparer à un taux InserSup, demandez sur quelle promotion, à quelle date et sur quel effectif ils portent.
Le tableau comparatif
| Licence (université) | Bachelor avec grade de licence | Bachelor visé sans grade | Bachelor RNCP niveau 6 seul | |
|---|---|---|---|---|
| Nature du diplôme | Diplôme national | Diplôme d'établissement | Diplôme d'établissement | Certification RNCP |
| Contrôle académique de l'État | Oui | Oui, le plus élevé pour un privé | Oui | Non |
| Candidature en master (Mon Master) | Oui | Oui | Oui, niveau bac+3 | Oui, niveau bac+3 |
| Saisine du recteur en cas de refus | Oui | Non | Non | Non |
| Droits annuels | 178 € + CVEC | Fixés par l'école | Fixés par l'école | Fixés par l'école |
| Données publiques de réussite et d'insertion | Oui (MESR-SIES) | Non | Non | Non |
Ce tableau ne dit pas qu'un bachelor est un mauvais choix. Certains bachelors sont visés et gradés, c'est-à-dire contrôlés au plus haut niveau ouvert à un établissement privé. Le tableau dit seulement que la comparaison se fait diplôme par diplôme, et que la licence apporte deux choses qu'aucun bachelor ne peut offrir : un filet légal pour l'entrée en master et des données publiques sur ce que deviennent ses étudiants.
Ce que cela change pour votre enfant
Le choix dépend surtout de ce que votre enfant compte faire après le bac+3.
- S'il vise un master universitaire, la licence est le parcours le mieux protégé. La saisine du recteur ne garantit pas le master de son choix, mais elle garantit des propositions.
- S'il vise une entrée rapide dans l'emploi, comparez le bachelor à la licence professionnelle ou au BUT, qui confèrent aussi le grade de licence et sont couverts par les données publiques d'insertion. L'article Formations avec le meilleur taux d'emploi après le bac détaille ces chiffres.
- S'il hésite entre une licence et une formation plus encadrée, regardez aussi les filières publiques sélectives. L'article Licence ou BTS : lequel choisir compare les taux de réussite profil par profil.
Avant de formuler un vœu pour un bachelor, posez trois questions à l'école, par écrit :
- Le diplôme est-il visé par le ministère, et confère-t-il le grade de licence ? Sous quelle référence au Bulletin officiel ?
- Quel est le coût total des trois années, frais annexes compris, et quelles sont les conditions de remboursement en cas de départ ?
- Sur quelle promotion, quel effectif et quelle date sont calculés les taux de poursuite d'études et d'emploi affichés ?
Une école sérieuse répond à ces trois questions sans difficulté. Si la réponse tarde, c'est déjà une information.