Deux élèves sur trois trouvent leur stage de découverte grâce à leur famille ou à leur entourage, selon la note de la DEPP du 20 octobre 2026. Le tiers restant s'en charge sans proches, plus souvent chez les enfants d'ouvriers (41 %) que chez les enfants de cadres (24 %). Voici les règles officielles et la façon de s'y prendre.
Les faits clés
- 90 % des élèves du panel suivi par la DEPP déclarent avoir fait un stage de découverte en troisième ou en seconde. 4 % en ont été empêchés par le Covid, 2 % n'ont pas trouvé de stage.
- 66 % ont trouvé grâce à leurs proches : 45 % par leurs parents, frère ou sœur, 21 % par un autre membre de la famille, des parents d'amis ou des voisins.
- 34 % ont trouvé sans proches : 28 % seuls, 4 % par leur établissement, 2 % par une association ou un club sportif.
- 41 % contre 24 % : part des enfants d'ouvriers et des enfants de cadres qui ont trouvé sans l'aide de leur entourage.
- 58 % des stagiaires ne sont pas d'accord avec l'idée que le stage les a aidés à clarifier leur projet professionnel.
Source : DEPP, Note d'information n° 26.44, « Stage de découverte en troisième ou en seconde : les deux tiers sont trouvés grâce à l'entourage », 20 octobre 2026. Champ : élèves entrés au CP en 2011, interrogés en 2023, France hors DROM.
Ce que prévoient les règles officielles pour le stage de troisième et de seconde
Le stage de découverte porte un nom officiel : la séquence d'observation en milieu professionnel. Elle est obligatoire deux fois dans la scolarité générale et technologique.
En troisième, elle dure cinq jours, consécutifs ou non, sur le temps scolaire. Le ministère recommande de la placer entre les vacances de la Toussaint et celles de printemps. Elle ne peut pas avoir lieu pendant les vacances.
En seconde générale et technologique, elle dure deux semaines consécutives, pendant le dernier mois de l'année scolaire, à la période des épreuves terminales du baccalauréat. En 2027, ce sont les deux dernières semaines de juin. Les deux semaines peuvent être coupées en deux lieux d'accueil, une semaine chacun.
Dans les deux cas, une convention signée entre le chef d'établissement et la structure d'accueil encadre le stage. Pour la troisième, le ministère précise que les élèves et leurs familles doivent être activement impliqués dans la recherche du lieu.
Sources : éduscol, séquence d'observation en troisième (janvier 2026) et en seconde générale et technologique (juillet 2026).
Comment les élèves trouvent-ils leur stage de découverte ?
Le chiffre le plus net de la note est celui du réseau : 66 % des élèves ont trouvé leur stage avec l'aide de leurs proches. Le premier canal est la famille directe, avec 45 %. Les parents d'amis et les voisins pèsent 21 %, ce qui est utile à savoir : le réseau qui compte n'est pas seulement l'employeur d'un parent.
Les 34 % restants trouvent sans proches, presque tous seuls (28 %), en sollicitant directement des structures, par les réseaux sociaux ou par la plateforme dédiée. L'établissement n'intervient que pour 4 % des élèves, 12 % en éducation prioritaire contre 3 % ailleurs.
Pourquoi l'origine sociale pèse-t-elle sur la recherche de stage ?
La DEPP relève que 41 % des enfants d'ouvriers trouvent sans l'aide de leur entourage, contre 24 % des enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures. Elle observe le même mouvement avec les revenus : à caractéristiques comparables, la probabilité de trouver sans proches est inférieure de 7 points pour les familles à plus de 4 000 euros par mois, par rapport à celles à moins de 1 600 euros.
Lecture à ne pas forcer : ce n'est pas un classement des familles. Les enfants qui trouvent seuls trouvent. La note mesure autre chose, la part du travail de recherche qui repose sur les parents, et donc l'inégalité de départ entre un élève dont le parent connaît dix entreprises et un élève qui doit écrire à des inconnus.
Deux autres écarts de la note méritent d'être connus. Les élèves en situation de handicap réalisent moins souvent un stage : 81 % pour ceux fortement limités dans leurs activités, soit 10 points de moins que les élèves non limités. Et 86 % des élèves du quart le plus faible scolairement ont fait un stage, contre 93 % dans le quart le plus fort.
Le stage aide-t-il vraiment à choisir son orientation ?
C'est l'autre résultat de la note, moins repris : 58 % des stagiaires se disent « pas du tout » (34 %) ou « pas vraiment » (24 %) d'accord avec l'affirmation que leur stage les a aidés à clarifier leur projet. 42 % sont d'accord.
La DEPP identifie ce qui change ce jugement :
- Un projet déjà défini : 49 % jugent le stage utile, contre 33 % pour ceux qui n'ont pas arrêté leur choix.
- Des échanges avec les parents sur l'avenir professionnel : 43 % contre 30 % pour ceux qui n'en parlent jamais ou rarement.
- Une suite donnée : 63 % des élèves qui ont fait un autre stage ou une visite d'entreprise jugent le stage utile, contre 35 % des autres.
La note précise que ces écarts ne sont pas tous des effets du stage lui-même : un élève qui l'a trouvé utile est aussi plus enclin à approfondir. Un point de méthode compte aussi. Les élèves ont été interrogés en 2023, avant l'extension du stage à la seconde générale et technologique, élargie en juin 2025 selon la DEPP. Les résultats décrivent donc surtout le stage de troisième.
Comment trouver le stage de son enfant, concrètement
Les sources officielles donnent plusieurs leviers, dans cet ordre de simplicité :
- Demander le calendrier et la procédure au lycée ou au collège. Les dates sont fixées par l'établissement pour la troisième, par le calendrier national pour la seconde. Le professeur principal, le centre d'information et d'orientation (CIO) et les psychologues de l'Éducation nationale peuvent aider à chercher.
- Consulter la plateforme nationale 1élève1stage, qui rassemble les offres de stage d'observation avec moteur de recherche par secteur, métier et lieu, et qui gère la convention en ligne.
- Lister les contacts au sens large. La note montre que les voisins et les parents d'amis comptent pour une part non négligeable des stages trouvés.
- Solliciter directement des structures, par un courrier court et précis, et inviter la structure retenue à remplir la convention sur la plateforme.
- Choisir un lieu autre que celui d'un parent. Le ministère le recommande vivement pour la troisième, même si l'enfant envisage de reprendre l'activité familiale.
- Prévoir une solution de repli. Pour la seconde, l'Onisep propose les « stages de 2de connectés » aux élèves sans lieu d'accueil : rencontres avec des professionnels à distance et ateliers en ligne.
Le stage trouvé, parlez-en avec votre enfant avant et après : les élèves qui échangent avec leurs parents sur leur avenir professionnel jugent le stage utile plus souvent, 43 % contre 30 %. Notre article sur la conversation d'orientation avec un adolescent donne des pistes pour cela. Pour situer le stage dans le calendrier de l'année de seconde, voir mon enfant est en seconde : que faire cette année, et pour comprendre ce que l'établissement peut ou ne peut pas porter, l'accompagnement à l'orientation à l'école.