Les faits clés

  • Au bac 2027, cinq enseignements de spécialité comportent une partie pratique notée sur 20 et passée en laboratoire : physique-chimie, SVT, numérique et sciences informatiques (NSI), sciences de l'ingénieur (SI) et, en STI2D, ingénierie, innovation et développement durable (2I2D) (BO spécial n° 4 du 17 septembre 2026).
  • Elle compte pour 20 % de la note de l'épreuve en physique-chimie, 25 % en SVT, NSI et SI, et 7 coefficients sur 16 en 2I2D. Rapportée au bac entier, c'est 3,2 à 4 coefficients sur 100 en voie générale, et 7 en STI2D, soit plus que l'épreuve de philosophie de la voie technologique (4).
  • Sa date ne figure pas au calendrier national : chaque recteur la fixe pour son académie (notes de service du BO n° 38 du 8 octobre 2026). Les écrits de spécialité, eux, ont lieu les 16 et 17 juin 2027 (calendrier 2027).
  • Une absence non justifiée le jour de l'épreuve pratique vaut zéro pour cette partie.

Le bac de terminale ne se joue pas entièrement en juin. Pour un élève qui suit physique-chimie et SVT, plus de sept coefficients sur cent se décident dans le laboratoire de son lycée, un jour que le calendrier national n'affiche nulle part. Le Bulletin officiel du 8 octobre 2026 vient d'en préciser l'organisation pour NSI, SI et 2I2D. Voici ce que disent les textes, spécialité par spécialité.

Quelles spécialités ont une épreuve pratique au bac 2027 ?

Le Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026 a réécrit toutes les épreuves terminales du bac général et technologique à compter de la session 2027 (le détail des autres changements est dans notre article bac 2027 : ce qui change). Cinq définitions d'épreuves y prévoient une partie pratique.

La partie pratique n'est pas une nouveauté de 2027. L'évaluation des compétences expérimentales (ECE) existait déjà en physique-chimie et en SVT, et les poids de NSI (0,25) et de 2I2D (coefficient 7) s'appliquaient dès la session 2026 (note de service NSI du 4 juillet 2025, note de service STI2D du 10 juin 2025). Ce qui change à l'automne 2026 : trois notes de service du 21 septembre et du 1er octobre, publiées au BO n° 38, fixent l'organisation pratique de l'épreuve en NSI, en SI et en 2I2D.

SpécialitéDuréePoids dans la note de l'épreuveCoefficients sur 100 au bacAttribution du sujet
Physique-chimie1 h20 % (écrit × 0,8, pratique × 0,2)3,2Tirage au sort parmi au moins 2 situations de physique et 2 de chimie, renouvelées chaque demi-journée
SVT1 h5 points sur 204Tirage au sort parmi les situations retenues par le lycée
NSI1 h25 % (écrit × 0,75, pratique × 0,25)4Choisi par le jury parmi les sujets retenus par le lycée
Sciences de l'ingénieur1 h25 %4Tirage au sort
2I2D (STI2D)2 h7 coefficients sur 16 (44 %)7Choisi par le jury parmi les sujets retenus par le lycée

Sources : notes de service du 11 septembre 2026 (physique-chimie, SVT, NSI, SI, STI2D). Les autres séries technologiques ont leurs propres notes de service, non traitées ici.

Combien compte l'épreuve pratique dans le bac ?

Chaque spécialité de terminale pèse 16 coefficients sur les 100 du bac, en voie générale comme en voie technologique (arrêtés du 16 juillet 2018 modifiés par l'arrêté du 10 juin 2025). La partie pratique en prend une fraction, et le calcul donne des ordres de grandeur que peu de familles ont en tête.

En voie générale, la partie pratique de SVT, de NSI ou de SI pèse 4 coefficients. C'est le double de la nouvelle épreuve anticipée de mathématiques (2), et presque l'écrit de français anticipé (5). Un élève en physique-chimie et SVT cumule 3,2 + 4 = 7,2 coefficients joués en laboratoire, à peine moins que le Grand oral ou la philosophie (8 chacun).

En STI2D, l'écart est plus net encore. La partie pratique de 2I2D vaut 7 coefficients, quand la philosophie de la voie technologique en vaut 4. Deux heures de laboratoire y valent 7 coefficients, contre 9 pour l'écrit de 3 h 30 de la même spécialité.

La maîtrise de la langue, renforcée à partir de 2027, ne s'évalue que dans la partie écrite : 2 points sur 20 en physique-chimie, en NSI et dans chaque partie écrite de SI, 2 points sur 15 en SVT. Les textes n'en prévoient pas pour la partie pratique.

Quand a lieu l'épreuve pratique ?

À une date que chaque académie choisit. Les trois notes du BO n° 38 le disent dans les mêmes termes : les épreuves se déroulent dans chaque établissement « selon le calendrier fixé par le recteur d'académie ». Pour les spécialités, la page officielle du calendrier 2027 ne mentionne que les écrits, les 16 et 17 juin. La date de la partie pratique n'est donc connue que par le lycée.

Les sujets sortent d'une banque nationale, mise en ligne sur le site des sujets d'examen au plus tard :

Le chef d'établissement retient ensuite, avec les professeurs de la spécialité et en accord avec les inspecteurs, les situations que le lycée utilisera, en fonction de ses équipements. En SVT, chaque académie en retient vingt-cinq dans la banque, et le lycée choisit parmi elles en respectant un équilibre deux tiers sciences de la vie, un tiers sciences de la Terre. Les textes demandent aux professeurs de ne pas utiliser ces situations telles quelles en classe pendant l'année.

Comment se déroule l'épreuve ?

Le cadre est le même pour les cinq spécialités : une heure (deux en 2I2D), dans le laboratoire du lycée, une note sur 20 assortie d'un commentaire écrit. Trois règles protègent le candidat.

  • L'examinateur n'est jamais son professeur de l'année. Les cinq définitions d'épreuves l'interdisent.
  • Un examinateur suit quatre candidats au plus (physique-chimie, SVT, NSI), trois en SI et en 2I2D. En physique-chimie et en SVT, deux examinateurs sont présents dans la salle.
  • Les feuilles rédigées pendant l'épreuve ont la valeur d'une copie d'écrit en SI et en 2I2D, ce que précisent les notes du BO n° 38.

Le contenu, lui, diffère. En physique-chimie, le candidat s'approprie une question expérimentale, met en œuvre ou élabore un protocole et réalise une ou plusieurs expériences. En NSI, il programme une application à partir d'un document fourni, puis en discute avec l'examinateur. En SI, il valide une performance d'un système en comparant trois réalités : le cahier des charges, le modèle virtuel et le système matériel. En 2I2D, l'épreuve porte sur l'enseignement spécifique choisi à l'inscription (architecture et construction, énergies et environnement, innovation technologique et écoconception, ou systèmes d'information et numérique).

Que se passe-t-il en cas d'absence ?

C'est le point qui mérite le plus d'attention, parce que la date est locale et que l'erreur coûte cher.

  • Absence non justifiée : zéro pour la partie pratique. Avec 4 coefficients en jeu, c'est l'équivalent de deux épreuves anticipées de mathématiques perdues.
  • Absence justifiée : le lycée organise, « dans toute la mesure du possible », une autre date avant la fin de l'année scolaire. S'il n'y parvient pas, le candidat est dispensé et sa note de spécialité est calculée sur l'écrit seul.
  • Pas d'épreuve de remplacement en physique-chimie et en NSI. Les textes prévoient à la place que la note éventuellement obtenue pendant l'année à une évaluation des compétences expérimentales soit reportée. Les évaluations pratiques faites en classe peuvent donc compter.
  • En 2I2D, une épreuve de remplacement existe pour les candidats qui y ont droit au titre de l'article D. 336-18 du code de l'éducation.

Handicap, CNED, hors contrat : les cas particuliers

Un élève en situation de handicap peut être dispensé de la partie pratique, à sa demande, sur proposition du médecin désigné par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, lorsque son trouble est incompatible avec les manipulations. Sinon, il bénéficie d'aménagements : poste de travail adapté, temps majoré, aide d'un secrétaire, choix des types de situations proposées au tirage, voire sujet adapté. Les textes fixent l'objectif que le maximum de candidats en situation de handicap passe l'épreuve.

Les candidats individuels et les élèves des lycées privés hors contrat sont dispensés de la partie pratique en physique-chimie, en SVT et en NSI. Leur note de spécialité est celle de l'écrit, ramenée sur 20. Les élèves inscrits au CNED sont dispensés en physique-chimie et en SVT, mais pas en NSI, où la note de service précise qu'ils passent l'épreuve pratique.

La partie pratique compte-t-elle pour Parcoursup ?

Non, pas directement. Les formations examinent les dossiers Parcoursup à partir des bulletins de première et des deux premiers trimestres de terminale, et des notes du bac déjà connues, que la FAQ Parcoursup désigne comme « notamment les épreuves anticipées de français ». Les écrits de spécialité ont lieu les 16 et 17 juin 2027 : leurs notes n'existent pas encore quand les formations classent les candidatures. La partie pratique compte pour le diplôme, pas pour l'admission. Pour mesurer ce qui pèse dans le dossier, voyez notre article sur l'abandon d'une spécialité en terminale.

Ce que ça change pour votre famille cette année

  1. Demandez la date au lycée dès que l'académie la fixe, et notez-la comme une date d'examen. Un rendez-vous médical, un départ anticipé ou un oubli coûtent les mêmes 4 coefficients.
  2. Gardez un justificatif en cas d'imprévu. C'est lui qui transforme un zéro en une nouvelle date ou en dispense.
  3. Si votre enfant a besoin d'un aménagement, engagez la démarche tôt, auprès du lycée, pour qu'il couvre aussi la partie pratique et pas seulement les écrits.
  4. En physique-chimie et en NSI, les évaluations pratiques de l'année ne sont pas anodines : en cas d'absence justifiée, ce sont elles qui peuvent remplacer la note.
  5. Si votre enfant hésite encore sur ses spécialités en première, le poids du laboratoire fait partie du choix. Notre guide choisir ses spécialités au lycée détaille les autres critères.

Une heure de laboratoire, à une date que personne ne vous enverra, et quatre coefficients au bout. C'est la ligne du bac qu'il vaut mieux connaître avant le printemps.