Les faits clés
- Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026 : 28 notes de service, dont 26 pour le baccalauréat, réécrivent toutes les épreuves terminales du bac général et technologique à compter de la session 2027 et abrogent les textes précédents (BO spécial n° 4).
- Grand oral : coefficient 8 au bac général (10 jusqu'en 2026) et 12 au bac technologique (14 jusqu'en 2026). La feuille portant les deux questions devient une condition de passage de l'épreuve (note de service du 10 septembre 2026).
- L'épreuve anticipée de mathématiques entre au barème avec un coefficient 2 : les terminales de cette année l'ont passée en juin 2026, en première. Le total des épreuves terminales reste à 60, le contrôle continu à 40 (arrêté du 16 juillet 2018 modifié).
- « Un minimum de deux points est accordé à la maîtrise de la langue » dans chaque épreuve, avec une grille commune à toutes les disciplines. Le texte attribue des points, il n'en retire pas (note de service du 11 septembre 2026).
- Les « correctifs académiques » sont proscrits : plus aucune remontée générale des notes au niveau d'une académie à partir de juin 2027 (note de service du 15 septembre 2026).
Ce qui a été publié le 17 septembre, et ce que cela vaut
Le ministère de l'Éducation nationale a publié le 17 septembre un Bulletin officiel spécial entièrement consacré aux examens. Vingt-huit notes de service, signées par la directrice générale de l'enseignement scolaire entre le 10 et le 15 septembre, dont deux pour le brevet, redéfinissent chaque épreuve du baccalauréat général et technologique : philosophie, les enseignements de spécialité de la voie générale, les épreuves des sept séries technologiques, le Grand oral, les épreuves anticipées de français et de mathématiques, et le déroulement des corrections.
Une note de service ne crée pas un coefficient. Elle décrit l'épreuve : durée, structure, ce que le jury évalue, ce qui est autorisé dans la salle. Les coefficients, eux, sont fixés par arrêté. C'est un arrêté du 10 juin 2025, modifiant celui du 16 juillet 2018, qui a décidé que l'épreuve anticipée de mathématiques et le nouveau coefficient du Grand oral « s'appliquent à compter de la session 2027 ». Les textes de septembre 2026 rendent ces décisions concrètes, épreuve par épreuve, et ajoutent la grille de maîtrise de la langue.
Pour un enfant en terminale cette année, tout ce qui suit s'applique en juin 2027. Pour un enfant en première, deux textes concernent déjà son année : les épreuves anticipées de français et de mathématiques, redéfinies « pour les épreuves présentées au titre de la session 2028 ».
Les coefficients du bac 2027
La règle d'ensemble ne bouge pas : 40 coefficients de contrôle continu, 60 coefficients d'épreuves terminales, pour un total de 100. Ce qui change, c'est la répartition à l'intérieur des 60.
| Épreuve terminale | Bac général 2026 | Bac général 2027 | Bac techno 2026 | Bac techno 2027 |
|---|---|---|---|---|
| Français écrit (première) | 5 | 5 | 5 | 5 |
| Français oral (première) | 5 | 5 | 5 | 5 |
| Mathématiques (première) | — | 2 | — | 2 |
| Philosophie | 8 | 8 | 4 | 4 |
| Spécialité 1 | 16 | 16 | 16 | 16 |
| Spécialité 2 | 16 | 16 | 16 | 16 |
| Grand oral | 10 | 8 | 14 | 12 |
| Total épreuves terminales | 60 | 60 | 60 | 60 |
Source : arrêtés du 16 juillet 2018 relatifs aux épreuves du baccalauréat général et du baccalauréat technologique, modifiés par l'arrêté du 10 juin 2025.
Les deux points retirés au Grand oral sont exactement les deux points donnés à l'épreuve de mathématiques. Le centre de gravité du bac se déplace un peu : d'un oral de fin de terminale vers un écrit passé en fin de première. Les deux spécialités conservées pèsent toujours 32 coefficients à elles seules, plus de la moitié des épreuves terminales. Le bac 2027 reste, d'abord, un bac de spécialités.
Grand oral : ce qui change vraiment
Le format est inchangé. Vingt minutes de préparation, puis dix minutes d'exposé sur une question et dix minutes d'échange avec un jury de deux professeurs. Le candidat présente debout, dispose d'un tableau s'il le souhaite, et n'a droit à aucun matériel « hormis le nécessaire d'écriture ». Le support qu'il prépare pendant les vingt minutes n'est pas évalué. La note de service précise aussi que « la formulation et la pertinence de la question ne sont pas des critères de l'évaluation » : le jury note l'argumentation et la parole, pas le choix du sujet.
La nouveauté qui compte se trouve dans un paragraphe sur la feuille des questions. Le candidat remet au jury une feuille portant ses deux questions, signée par ses professeurs de spécialité et cachetée par son lycée. Cette feuille garantit que les deux questions sont différentes et représentent bien les deux enseignements de spécialité, soit une question par spécialité, soit une question sur une spécialité et une question transversale, soit deux questions transversales.
Si le candidat « ne soumet aucune question, une seule question ou des questions non conformes », le jury inscrit au procès-verbal que l'épreuve ne peut pas avoir lieu, et le candidat est convoqué à la session de remplacement. S'il s'y présente de nouveau sans respecter la règle, « il obtient la note de 0 à l'épreuve ». Le texte de 2021 exigeait déjà la feuille signée, mais ne prévoyait aucune conséquence si elle manquait.
En voie technologique, la logique est la même avec une seule spécialité : les deux questions s'appuient sur l'enseignement de spécialité qui comporte une étude approfondie ou un projet, et la feuille est signée par le professeur de cette spécialité (note de service du 10 septembre 2026, voie technologique).
Concrètement, la conformité des deux questions se joue à l'automne, au moment où elles s'élaborent avec les professeurs, et non le jour de l'épreuve. Un élève qui a abandonné une spécialité en fin de première construit ses questions sur les deux qu'il a gardées, et sur elles seulement.
« Deux points en moins pour l'orthographe » : ce que dit le texte
La formule a circulé partout depuis le 17 septembre. Le texte dit autre chose. La note de service sur la maîtrise de la langue écrit : « un minimum de deux points est accordé à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves » du brevet, du baccalauréat et des diplômes professionnels. Il s'agit d'une attribution, pas d'une pénalité. Les notes de service par discipline reprennent la même mécanique, y compris en mathématiques : à l'épreuve de spécialité comme à l'épreuve anticipée, « la maîtrise de la langue est prise en compte à hauteur de deux points sur vingt ».
Ces deux points s'évaluent avec une grille commune à toutes les disciplines, annexée à la note. Quatre dimensions : l'orthographe, la syntaxe et la construction des phrases, le lexique, la mise en forme et l'organisation de la réflexion. Quatre paliers, de « très insuffisant » à « très satisfaisant ». Le palier « satisfaisant » en orthographe correspond à des « erreurs ponctuelles » qui « ne se répètent pas de façon systématique ». Le palier « très satisfaisant » tolère des erreurs « rares, isolées ».
Deux réserves figurent dans le même texte. D'abord, pour les épreuves « dont la dimension rédactionnelle est majeure », philosophie ou français par exemple, « une copie défaillante sur la plupart des aspects relatifs à la maîtrise de la langue ne peut avoir la moyenne ». Là, la langue pèse davantage que deux points. Ensuite, « la situation particulière des candidats bénéficiant d'un aménagement ou d'adaptations en lien avec les normes orthographiques et syntaxiques est prise en compte dans l'évaluation ».
Le texte entre en vigueur « pour tous les examens à compter de la rentrée scolaire 2026 ». Les bacs blancs de cet hiver appliqueront donc déjà la grille.
La fin des « correctifs académiques »
C'est la question que les familles se posent chaque mois de juillet : les notes du bac sont-elles remontées ? Une note de service du 15 septembre 2026 y répond par écrit, pour toutes les corrections à partir de la session 2027.
Les barèmes nationaux « doivent être respectés, ce qui proscrit, d'une part, les "corrigés académiques" et, d'autre part, toute possibilité de modification générale des notes par les autorités académiques, également appelée "correctif académique" ». Les commissions d'entente, qui réunissent les correcteurs avant la correction, ne peuvent plus modifier un barème ni recommander « d'atténuer la prise en compte des règles de forme (orthographe, grammaire, etc.) ». L'« harmonisation dite de masse », celle qui touche tous les candidats d'une série ou d'un sujet, « est proscrite au niveau académique » et ne peut être que nationale, après alerte adressée à l'inspection générale et validation de la direction générale de l'enseignement scolaire.
Ce que le texte conserve : les commissions d'harmonisation, en fin de correction, peuvent toujours réviser des notes individuelles « à la hausse ou à la baisse » quand les écarts entre correcteurs l'exigent. Et chaque correcteur doit reporter les points attribués partie par partie : « le résultat de l'examen ne doit pas apparaître au candidat comme une décision dont la motivation lui échapperait ». Une copie consultée après les résultats devra donc porter le détail des points, exercice par exercice.
Et pour Parcoursup ?
Le calendrier répond presque seul. Les commissions d'examen des vœux lisent les dossiers entre avril et mai. Le Grand oral et les épreuves de spécialité ont lieu en juin. Aucune des épreuves réécrites pour la terminale n'entre dans ce que les formations voient au moment de classer les candidats.
Ce qu'elles voient est listé dans la FAQ Parcoursup : les bulletins de première et des deux premiers trimestres de terminale, avec les notes, les appréciations et le positionnement dans le groupe, « les notes obtenues pour le baccalauréat, notamment les épreuves anticipées de français et celles obtenues au titre du contrôle continu », la fiche Avenir et la lettre de motivation quand elle est demandée.
L'épreuve anticipée de mathématiques passée en juin 2026 est une note du baccalauréat obtenue en première. Elle relève de cette catégorie, même si la FAQ, relue le 21 septembre 2026, ne la nomme pas encore expressément. Pour les terminales de cette année, c'est la seule pièce du dossier que la réforme touche : une note de plus, sur une épreuve commune à tous les candidats, sans calculatrice, que chaque formation lira selon ses propres critères. Le fonctionnement de la lecture des dossiers est détaillé dans le guide complet Parcoursup pour les parents.
Si votre enfant est en première
Deux notes de service du 11 septembre définissent les épreuves anticipées « à compter de l'année scolaire 2026-2027, pour les épreuves présentées au titre de la session 2028 ». Elles concernent donc les élèves entrés en première ce mois-ci.
En mathématiques, l'épreuve reste un écrit de deux heures, coefficient 2, sans calculatrice, avec trois sujets selon le programme suivi : spécialité mathématiques, mathématiques de l'enseignement scientifique en voie générale, ou tronc commun de la voie technologique. Deux changements par rapport à la première session de juin 2026. La première partie, notée sur 6 points, évalue les automatismes « à l'aide d'une liste de questions à réponses courtes », et non plus par un questionnaire à choix multiples. Et deux des vingt points vont à la maîtrise de la langue, avec une annexe d'attendus rédactionnels propre aux mathématiques (note de service du 11 septembre 2026). Les fiches de révision qui décrivent le QCM datent d'un texte abrogé.
En français, la structure de l'écrit (commentaire ou dissertation en voie générale, commentaire ou contraction suivie d'un essai en voie technologique) et de l'oral (12 minutes d'exposé, 8 minutes d'entretien) est reprise, avec des échelles descriptives de notation annexées et la même règle : « une copie défaillante sur l'ensemble des aspects relatifs à la maîtrise de la langue ne peut avoir la moyenne » (note de service du 11 septembre 2026).
Pour une famille de première, l'enjeu dépasse le bac : ces deux notes de juin 2027 seront dans le dossier Parcoursup de 2028. La façon dont les dossiers se construisent dès la première n'a pas changé, mais elle compte désormais une épreuve de plus.
Ce que ça change concrètement pour une famille
Trois choses, et aucune ne relève de la panique.
Les deux questions du Grand oral d'abord. Elles se préparent avec les professeurs de spécialité dès cet automne, et c'est leur conformité, pas leur brillance, qui conditionne le passage de l'épreuve. Une question par spécialité conservée, ou une question transversale, sur une feuille signée. Un parent n'a rien à rédiger, mais il peut demander en janvier si les deux questions existent et si elles couvrent bien les deux enseignements.
L'aménagement d'épreuve ensuite. Le texte sur la maîtrise de la langue prévoit expressément la situation des candidats « bénéficiant d'un aménagement ou d'adaptations en lien avec les normes orthographiques et syntaxiques ». Un enfant qui dispose d'un aménagement limité au temps majoré n'est pas dans ce cas. Pour un trouble de l'écriture ou de l'orthographe, c'est la mention précise dans la notification qui compte, et la demande se dépose à l'automne, au moment de l'inscription au baccalauréat, selon le calendrier fixé par chaque académie.
La lecture des notes enfin. À partir de la session 2027, une note du bac ne peut plus avoir été relevée globalement par l'académie, et la copie doit porter le détail des points. Une famille qui demande la consultation d'une copie en juillet 2027 pourra lire exactement d'où vient la note. C'est une garantie nouvelle, écrite, qui vaut aussi pour les contestations.
Le reste tient en une phrase : 40 % du bac de votre enfant se joue dans les bulletins, tout au long de l'année, et c'est cette part-là, avec les notes de première, que les formations lisent sur Parcoursup. Les épreuves réécrites ce mois-ci décident du diplôme. Elles ne décident pas de l'orientation.