Les faits clés

  • 648 000 élèves de terminale se sont inscrits sur Parcoursup en 2025, et 630 000 ont confirmé au moins un vœu.
  • Parmi les propositions acceptées : 40 % de licences (dont 3 % de licences accès santé), 21 % de BTS, 10 % de BUT, 8 % de CPGE.
  • 97 % des bacheliers généraux ont reçu au moins une proposition, contre 92 % des bacheliers technologiques et 83 % des bacheliers professionnels.
  • La moitié des formations acceptées par les bacheliers généraux sont des licences. Trois quarts de celles acceptées par les bacheliers professionnels sont des BTS.
  • À la rentrée 2025, 3 027 000 étudiants sont attendus dans le supérieur, dont 399 300 en BTS et 87 500 en classes préparatoires.

Sources : ministère de l'Enseignement supérieur, L'état de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation n° 19, et MESRE-SIES, Note Flash n° 25 d'octobre 2025.

En première, la question du métier arrive trop tôt

L'année de première est celle où les familles commencent à poser la question à voix haute. Quel métier. Quelle école. Quel avenir.

C'est la mauvaise entrée. Non parce que la question serait illégitime, mais parce qu'elle suppose résolu ce qui ne l'est pas encore : la carte des destinations possibles. Un élève de première qui répond « ingénieur » ou « psychologue » n'a pas choisi une formation. Il a nommé un point d'arrivée dont il ignore les chemins d'accès, leurs volumes et leurs conditions.

La question qui se travaille en première est différente : où vont réellement les bacheliers, et dans quelle proportion. Les réponses sont publiées chaque année par le ministère de l'Enseignement supérieur. Elles sont plus déséquilibrées que ce que les conversations familiales laissent imaginer.

Quatre destinations concentrent près de huit admissions sur dix

En 2025, 648 000 élèves de terminale se sont inscrits sur Parcoursup et 630 000 ont confirmé au moins un vœu. Parmi eux, 93,5 % ont reçu au moins une proposition d'admission, et 81 % en ont accepté une.

Voici comment se répartissent les formations que ces bacheliers ont acceptées.

Formation acceptéePart des propositions acceptées
Licence (dont 3 % en licence accès santé)40 %
BTS21 %
BUT10 %
CPGE8 %
Écoles, formations paramédicales et sociales, autresle reste

Source : ministère de l'Enseignement supérieur, EESR n° 19, session Parcoursup 2025.

Quatre familles de formations absorbent près de huit admissions sur dix. Tout le reste se partage la fraction restante : écoles de commerce post-bac, écoles d'ingénieurs à prépa intégrée, instituts de formation en soins infirmiers, écoles d'art, formations sociales.

Ce que la répartition des vœux ne mesure pas

Une deuxième série de chiffres circule, et elle ne dit pas la même chose. Sur l'ensemble des vœux confirmés en 2025, la licence pèse 34 %, le BTS 28 %, le BUT 12 %, la CPGE 6 %, le PASS 5 % et les diplômes d'État sanitaires et sociaux 6 %.

Rapprocher ces deux séries est tentant. Le BTS passerait de 28 % des vœux à 21 % des acceptations, la licence monterait de 34 % à 40 %. La conclusion semble s'imposer : le BTS serait plus difficile à obtenir.

Elle ne s'impose pas, parce que les deux séries n'ont pas le même dénominateur. Un candidat formule en moyenne 14,3 vœux et n'accepte qu'une seule proposition. La première répartition décrit un comportement de candidature, en plusieurs exemplaires par élève. La seconde décrit un résultat, une fois par élève. Un candidat qui dépose huit vœux en BTS et un seul en licence pèse huit fois plus dans la première statistique que dans la seconde, quelle que soit sa réponse finale.

Retenir l'un ou l'autre chiffre est utile. Les soustraire ne l'est pas.

La voie déjà choisie pèse plus lourd que le projet

C'est le point que l'année de première rend visible, et il dérange.

La voie (générale, technologique ou professionnelle) a été arbitrée en fin de seconde. En première, elle est acquise. Or c'est elle, davantage que le projet de l'élève, qui détermine la forme de la carte post-bac.

Voie du baccalauréatAu moins une propositionDestination dominanteVœux formulés en moyenne
Générale97 %Licence, la moitié des formations acceptées16,9
Technologique92 %BTS, deux formations acceptées sur cinq12,6
Professionnelle83 %BTS, trois formations acceptées sur quatre8

Source : ministère de l'Enseignement supérieur, EESR n° 19.

Trois écarts se lisent dans ce tableau. Le taux de proposition d'abord : quatorze points séparent la voie générale de la voie professionnelle. La concentration ensuite : un bachelier professionnel sur quatre seulement accède à autre chose qu'un BTS, quand un bachelier général se répartit sur un éventail large. Le nombre de vœux enfin, qui double presque entre la voie professionnelle et la voie générale.

Ce dernier écart n'est pas qu'une conséquence mécanique du nombre de formations ouvertes. Il traduit aussi une différence d'information : on ne candidate qu'à ce que l'on connaît.

La filière dont on parle le plus est la plus petite

Les effectifs de l'enseignement supérieur, toutes années confondues, redressent une autre distorsion. À la rentrée 2025, le ministère attend 3 027 000 étudiants.

FilièreEffectifs attendus rentrée 2025
Université, y compris IUT1 639 500 (dont 146 300 en IUT)
BTS, scolaires et apprentis399 300
Écoles de commerce, gestion et vente256 800
Formations d'ingénieurs hors université163 600
Classes préparatoires87 500

Source : MESRE-SIES, Note Flash n° 25, octobre 2025. Effectifs hors inscriptions simultanées en licence et en CPGE.

Ces chiffres comptent tous les étudiants inscrits, pas les seuls entrants de l'année. Ils décrivent le poids d'une filière dans le paysage, pas le nombre de places offertes aux bacheliers 2026.

Lus ainsi, ils disent une chose que les conversations sur l'orientation contredisent en permanence. La classe préparatoire accueille 87 500 étudiants. Le BTS en accueille 399 300, soit plus de quatre fois plus. La filière qui occupe le plus de place dans les représentations familiales est la plus étroite du paysage.

Ce qui se décide vraiment pendant l'année de première

La carte étant posée, restent les décisions encore ouvertes cette année. Elles sont peu nombreuses et datées.

L'abandon d'une spécialité. Tous les élèves de première générale passent de trois spécialités à deux. Le choix se prépare pendant l'année et s'arbitre au troisième trimestre. Il modifie le coefficient au baccalauréat et ce que le dossier pourra montrer, sans jamais fermer une formation par lui-même. Le détail est développé dans notre article sur les conséquences de l'abandon d'une spécialité en terminale.

Les options de mathématiques. Maths complémentaires ou maths expertes se demandent en fin de première pour la terminale. Elles pèsent sur la lecture d'un dossier par les commissions d'examen des vœux des formations scientifiques et économiques.

Les bulletins. Les trois trimestres de première sont transmis aux formations sur Parcoursup. Ce sont les premières notes que les commissions liront. Nous détaillons ce mécanisme dans préparer Parcoursup dès la première.

Les épreuves anticipées de français, écrit et oral, en fin d'année.

Aucune de ces décisions ne consiste à choisir un métier. Toutes consistent à élargir ou resserrer le périmètre de ce qui restera crédible dans dix-huit mois.

Ce que ça change concrètement pour votre famille

Trois gestes découlent de ces données.

Inverser l'ordre de la conversation. Partir des destinations réelles et de leurs volumes, pas du métier. Un élève qui sait que 40 % de ses camarades entreront en licence et 21 % en BTS raisonne sur un paysage, non sur un fantasme.

Vérifier la carte avant de la restreindre. Les formations paramédicales, sociales, artistiques et les écoles post-bac forment ensemble une part non négligeable des admissions, et beaucoup de familles les découvrent en terminale. Une année de première suffit à les explorer sans urgence.

Traiter la voie comme un paramètre, pas comme un verdict. Les écarts entre voies sont réels et documentés. Les connaître permet de préparer un dossier en conséquence, en particulier pour un élève de voie technologique ou professionnelle qui vise un BUT ou une licence, où la concurrence documentaire est plus forte.

Pour la méthode pas à pas, notre guide aider son enfant à choisir son orientation en cinq étapes reprend chacun de ces gestes.

Sources