Les faits clés
- 65,8 % des élèves de seconde générale et technologique passent en première générale, 23,7 % en première technologique (DEPP, RERS 2025, flux observés à la rentrée 2024).
- 3,3 % redoublent leur seconde et 3,2 % rejoignent une formation professionnelle en lycée (même source).
- 13 enseignements de spécialité existent en voie générale, et 8 séries en voie technologique dont chacune constitue une voie d'orientation à part entière (education.gouv.fr).
- Dès le deuxième trimestre, la fiche dialogue demande quatre souhaits de spécialité, portés à cinq si l'un d'eux n'est pas dispensé dans le lycée (note de service n° 2018-115).
- En première générale à la rentrée 2025, les mathématiques sont suivies par 66,0 % des élèves, la physique-chimie par 45,6 %, les SES par 45,2 % et les SVT par 40,1 % (DEPP, Note d'Information n° 26.06).
En seconde, deux décisions se préparent en parallèle
La plupart des familles abordent l'année de seconde avec une seule question en tête : quelles spécialités choisir. C'est la moitié du sujet.
Il y a en réalité deux décisions distinctes, et elles ne suivent pas les mêmes règles.
La voie d'orientation. Elle est encadrée par le Code de l'éducation. En fin de seconde générale et technologique, les voies possibles sont la première générale, ou l'une des séries de la première technologique. C'est le chef d'établissement qui prononce la décision d'orientation, après avis du conseil de classe. Quand cette décision ne correspond pas à la demande de la famille, elle doit être motivée et peut faire l'objet d'un recours devant une commission d'appel.
Les enseignements de spécialité. La note de service n° 2018-115 est explicite : « le choix des enseignements de spécialité, trois en classe de première, puis deux en classe de terminale, incombe aux familles ». Le conseil de classe formule des recommandations. Il ne décide pas.
Cette différence change la façon de préparer l'année. Sur la voie, la famille formule une demande qui sera arbitrée. Sur les spécialités, elle décide, et c'est la qualité de son information qui fait la différence.
Le calendrier réel de l'année de seconde
Le calendrier précis est fixé par chaque académie, mais la structure est nationale.
| Période | Ce qui se passe dans le lycée | Ce que la famille a à faire |
|---|---|---|
| 1er trimestre | Accompagnement à la construction du projet, présentation des spécialités proposées dans l'établissement, quatre demi-journées dédiées à l'orientation, plateforme Avenir(s) | Repérer la carte des spécialités réellement offertes sur place |
| 2e trimestre | Rencontre parents-élève-professeurs avant le conseil de classe, puis recommandations du conseil de classe | Formuler les intentions d'orientation sur la fiche dialogue, avec quatre souhaits de spécialité (cinq si l'un n'est pas dispensé dans le lycée) |
| Mars | Printemps de l'orientation, trois jours | Utiliser les rencontres avec des professionnels et des formations |
| 3e trimestre | Avis du conseil de classe, puis décision d'orientation du chef d'établissement | Formuler les choix définitifs, puis marquer son accord ou son désaccord |
| Juin | Stage d'observation obligatoire de deux semaines | Anticiper le lieu de stage plusieurs mois à l'avance |
Les intentions du deuxième trimestre et les choix définitifs du troisième passent par le service en ligne Orientation, accessible depuis le portail Scolarité Services. Son usage reste facultatif : un établissement peut mettre à disposition des formulaires papier.
Le point le plus mal connu de ce calendrier est le nombre de souhaits demandés au deuxième trimestre. La fiche dialogue en attend quatre, alors que la première générale n'en comptera que trois. Ce quatrième souhait mérite donc autant d'attention que les trois autres, et non d'être rempli au hasard en bas du formulaire.
Les 54 heures dédiées à l'orientation, et ce qu'elles recouvrent
La note de service de 2018 fixe un temps dédié à l'orientation de 54 heures annuelles. La page ministérielle mise à jour en novembre 2025 parle, elle, d'« un volume annuel d'heures dédié » sans reprendre ce chiffre.
En pratique, ce volume n'est pas une matière au sens habituel. Il se répartit entre les heures de vie de classe, les interventions du professeur principal, les rencontres avec les psychologues de l'éducation nationale, les forums et les demi-journées dédiées. Sa réalité varie d'un lycée à l'autre.
Une question utile à poser au professeur principal dès le premier trimestre : quelles spécialités ce lycée ouvrira-t-il l'an prochain, et à partir de combien d'élèves inscrits. La réponse conditionne l'ensemble des souhaits qui seront formulés au deuxième trimestre.
Ce que les élèves choisissent réellement
Les chiffres de la DEPP donnent une image nette des choix de première générale à la rentrée 2025.
| Enseignement de spécialité | Part des élèves de première générale |
|---|---|
| Mathématiques | 66,0 % |
| Physique-chimie | 45,6 % |
| Sciences économiques et sociales | 45,2 % |
| Sciences de la vie et de la Terre | 40,1 % |
La combinaison mathématiques, physique-chimie et SVT reste la plus choisie, avec 23,7 % des élèves de première générale. Près d'un élève sur quatre suit donc exactement la même triplette.
Deux lectures en découlent pour une famille de seconde.
La première : une combinaison très fréquente reste un choix parfaitement défendable, mais elle ne distingue pas un dossier. La seconde : les spécialités moins suivies concernent malgré tout des effectifs importants. Les langues, littératures et cultures étrangères et régionales sont suivies par 17,1 % des élèves de terminale, et les humanités, littérature et philosophie par 9,4 %.
Un écart mérite d'être connu avant de choisir. En terminale, 33,7 % des filles suivent la spécialité mathématiques, contre 58,8 % des garçons. Cet écart se forme au moment où les souhaits sont posés, en fin de seconde.
Dernier repère, moins visible. À la même rentrée 2025, les mathématiques sont suivies par 66,0 % des élèves de première générale et par 44,8 % des élèves de terminale. Ces deux chiffres portent sur deux cohortes différentes, mais la DEPP relève que les choix varient très peu d'une rentrée à l'autre. L'écart indique donc qu'une part importante des élèves abandonne les mathématiques en fin de première, et non en fin de seconde. C'est un sujet que nous avons détaillé dans les conséquences de l'abandon d'une spécialité en terminale.
La voie technologique concerne près d'un élève de seconde sur quatre
23,7 % des élèves de seconde entrent en première technologique. C'est un élève sur quatre, et c'est la décision la moins anticipée de l'année.
Deux points de méthode.
D'abord, la voie technologique n'est pas une voie unique. Elle compte huit séries, et chacune constitue une voie d'orientation distincte au sens réglementaire : ST2S, STAV, STD2A, STI2D, STHR, STL, STMG et S2TMD. Une demande d'orientation porte sur une série précise, pas sur « la voie technologique » en bloc.
Ensuite, cette demande se formule au même moment que les autres, sur la même fiche dialogue. Une famille qui découvre la voie technologique au troisième trimestre découvre aussi qu'elle a peu de temps pour en comparer les séries.
Ce que vous pouvez faire, trimestre par trimestre
Au premier trimestre. Obtenir la carte des spécialités effectivement ouvertes dans le lycée, et les seuils d'effectif en dessous desquels une spécialité ne sera pas ouverte. Cette information conditionne tout le reste.
Au deuxième trimestre. Préparer la rencontre parents-élève-professeurs avec une liste de quatre souhaits déjà réfléchie. Les recommandations du conseil de classe arrivent après. Une famille qui arrive sans hypothèse repart avec celle du conseil.
Si une spécialité souhaitée n'est pas dispensée sur place. Trois solutions existent et sont prévues par la note de service : une convention entre deux lycées géographiquement proches, un suivi à distance notamment par le CNED dans des cas exceptionnels, ou une procédure d'affectation académique quand le choix impose un changement d'établissement. Ces solutions se demandent, elles ne sont pas proposées spontanément.
Au troisième trimestre. Vérifier que la décision d'orientation notifiée correspond bien à la demande. En cas de désaccord, le service en ligne Orientation permet de le signaler, et la commission d'appel reste ouverte.
Sur les spécialités elles-mêmes. Le raisonnement utile n'est pas « quelles spécialités pour quel métier », mais « quelles spécialités laissent ouvertes les formations qui pourraient l'intéresser dans deux ans ». Nous avons détaillé cette mécanique dans les conséquences du choix des spécialités en seconde.
Enfin, l'année de première n'est pas une simple continuation de la seconde. Les bulletins de première entreront dans le dossier Parcoursup deux ans plus tard, un point que nous avons documenté dans ce que les dossiers révèlent dès la première.
Sources
- Ministère de l'Éducation nationale, L'orientation en seconde générale et technologique, mise à jour du 19 novembre 2025.
- Ministère de l'Éducation nationale, note de service n° 2018-115 du 26 septembre 2018, procédure d'orientation en fin de classe de seconde, BO n° 35.
- DEPP, Repères et références statistiques 2025, chapitre 4, taux de passage et de sortie.
- DEPP, Note d'Information n° 26.06, février 2026, les choix d'enseignements de spécialité et d'enseignements optionnels à la rentrée 2025.