Les faits clés
- Mathématiques expertes et mathématiques complémentaires sont deux enseignements optionnels de terminale générale, de 3 heures hebdomadaires chacun. Le premier est réservé aux élèves qui conservent la spécialité mathématiques, le second aux élèves qui ne la conservent pas (éduscol, cycle terminal de la voie générale).
- À la rentrée 2025, 15,8 % des élèves de terminale suivent mathématiques expertes et 13,9 % mathématiques complémentaires. La spécialité mathématiques, elle, concerne 44,8 % d'entre eux (DEPP, Note d'Information n° 26-06, février 2026).
- Les filles représentent un tiers des élèves qui suivent mathématiques expertes (DEPP, même note).
- Chaque option suivie en terminale vaut 2 coefficients, qui s'ajoutent aux 100 coefficients du baccalauréat (ministère de l'Éducation nationale).
- Le programme de mathématiques complémentaires a été réécrit par un arrêté publié au Bulletin officiel du 2 avril 2026. Il s'applique à la rentrée 2027, donc aux élèves aujourd'hui en première.
La question « expertes ou complémentaires » ne se pose jamais
C'est la confusion la plus répandue chez les familles de première, et elle se dissipe en une ligne du texte officiel. Les deux options ne sont pas proposées au même élève.
Mathématiques expertes est ouverte aux élèves qui choisissent la spécialité mathématiques en terminale. Mathématiques complémentaires est ouverte aux élèves qui ne la choisissent pas. Un élève de terminale générale ne peut donc jamais hésiter entre les deux : la décision qui compte se prend juste avant, au moment de garder ou non la spécialité mathématiques.
Autrement dit, la vraie question est double, et elle arrive dans cet ordre :
- Votre enfant conserve-t-il la spécialité mathématiques parmi ses deux spécialités de terminale ?
- Selon la réponse, ajoute-t-il l'option qui lui correspond, ou rien ?
Un second verrou complète le premier. Mathématiques expertes, mathématiques complémentaires et droit et grands enjeux du monde contemporain appartiennent à la même liste d'options propres à la terminale, et l'élève en choisit une au plus dans cette liste. Un élève qui vise le droit et garde les mathématiques devra donc arbitrer entre mathématiques expertes et l'option droit.
Ce choix se fait en fin de première, en même temps que celui des deux spécialités conservées. L'article sur l'abandon d'une spécialité en terminale détaille ce que coûte la spécialité qu'on laisse.
Mathématiques expertes : pour qui, et qu'y apprend-on
Le programme officiel la décrit sans détour : elle est « destinée aux élèves qui ont un goût affirmé pour les mathématiques et qui visent des formations où les mathématiques occupent une place prépondérante ».
Elle ne reprend pas le programme de la spécialité, elle ouvre d'autres champs. Trois thèmes la structurent :
- les nombres complexes, étudiés comme objets algébriques et géométriques
- l'arithmétique
- les matrices et les graphes.
La démonstration y occupe une place centrale. Ce sont précisément les notions et les réflexes que retrouvent les étudiants en classe préparatoire scientifique, en licence de mathématiques ou d'informatique et dans les écoles d'ingénieurs post-bac.
À la rentrée 2025, 15,8 % des élèves de terminale la suivent, pour 44,8 % qui gardent la spécialité mathématiques. En rapportant l'un à l'autre, environ un élève sur trois parmi ceux qui conservent les mathématiques ajoute l'option expertes. Ce n'est donc pas un passage obligé de la spécialité, c'est le choix d'une minorité qui veut aller plus loin.
Mathématiques complémentaires : le filet des élèves qui lâchent la spécialité
Mathématiques complémentaires répond à un problème très concret : l'élève abandonne la spécialité mathématiques en fin de première, mais la formation qu'il vise demande encore des mathématiques.
Le programme en vigueur la destine « prioritairement aux élèves qui, ayant suivi l'enseignement de spécialité de mathématiques en classe de première », ont besoin de mathématiques pour leurs études, « en particulier en médecine, économie ou sciences sociales ». Le contenu s'appuie sur le programme de spécialité de première : suites et fonctions, intégration, équations différentielles, probabilités et statistique. Chaque notion est travaillée à travers des thèmes d'étude tirés d'autres disciplines, comme la répartition des richesses, l'inférence bayésienne ou la différence entre corrélation et causalité.
La DEPP mesure un chiffre que peu de familles connaissent. Parmi les élèves de terminale qui n'ont pas gardé la spécialité mathématiques, 74,8 % ne suivent plus aucun enseignement de mathématiques (DEPP, Note d'Information n° 26-06). Un quart seulement prend l'option complémentaires. Les trois autres quarts entrent dans le supérieur après une année entière sans mathématiques.
Ce qui change pour les élèves aujourd'hui en première
Les élèves en première en 2026-2027 seront en terminale à la rentrée 2027. Ce sont les premiers concernés par le nouveau programme de mathématiques complémentaires, fixé par l'arrêté du 26 février 2026 et publié au Bulletin officiel du 2 avril 2026.
Deux évolutions sont visibles dans le texte.
D'abord, la liste des poursuites d'études visées s'allonge. Le nouveau programme cite la médecine, la biologie, les géosciences, l'agronomie, l'architecture, les arts plastiques, l'économie et les sciences sociales. L'option assume désormais clairement un public d'élèves qui partent vers le vivant, l'environnement ou la création, et pas seulement vers l'économie.
Ensuite, l'organisation laisse plus de marge aux professeurs. Le programme reste construit autour de neuf thèmes d'étude, mais les enseignants doivent en aborder au moins six, en couvrant l'ensemble des contenus attendus.
Mathématiques expertes, en revanche, ne figure pas parmi les programmes réécrits en 2026. Son programme de 2019 reste celui qui s'applique.
Expertes ou complémentaires : le comparatif
| Mathématiques expertes | Mathématiques complémentaires | |
|---|---|---|
| Qui peut la suivre | Élèves qui gardent la spécialité mathématiques en terminale | Élèves qui ne gardent pas la spécialité mathématiques |
| Horaire | 3 h par semaine, terminale seulement | 3 h par semaine, terminale seulement |
| Poids au baccalauréat | 2 coefficients ajoutés aux 100 | 2 coefficients ajoutés aux 100 |
| Contenu | Nombres complexes, arithmétique, matrices et graphes | Analyse, probabilités et statistique, appliquées à des thèmes d'étude |
| Public visé par le programme | Goût affirmé pour les mathématiques, formations où elles sont prépondérantes | Médecine, biologie, géosciences, agronomie, architecture, arts plastiques, économie, sciences sociales (programme 2027) |
| Part des élèves de terminale (rentrée 2025) | 15,8 % | 13,9 % |
Sources : éduscol, programmes officiels (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 et BO n° 14 du 2 avril 2026), DEPP Note d'Information n° 26-06.
Au baccalauréat, une option peut aussi faire baisser la moyenne
Un enseignement optionnel suivi seulement en terminale est évalué en contrôle continu, sur la moyenne annuelle, avec 2 coefficients. Le ministère précise que le total des coefficients est « modifié d'autant » : un élève avec une option de terminale est noté sur 102, et non plus sur 100.
La conséquence se lit dans les deux sens. Une option où votre enfant obtient une note supérieure à sa moyenne générale la tire vers le haut. Une option où il peine la tire vers le bas, même légèrement. Ce n'est pas un bonus automatique : c'est une matière de plus, qui compte comme les autres.
Sur Parcoursup, les bulletins de première et des deux premiers trimestres de terminale sont transmis aux formations, toutes disciplines confondues. Une option suivie avec sérieux apparaît donc dans le dossier. Le ministère rappelle aussi qu'« une formation de l'enseignement supérieur ne peut pas exiger une combinaison de spécialités en particulier ». Aucune formation ne peut refuser un dossier au seul motif d'une option absente. Elle lit ce que le dossier montre.
Ce que ça change concrètement pour votre famille
Trois vérifications, à faire avant le conseil de classe où se fixent les choix de terminale.
Partez de la spécialité mathématiques, pas de l'option. Si votre enfant hésite à garder les mathématiques, c'est cette question qu'il faut trancher d'abord. L'option ne vient qu'ensuite, et elle découle de la réponse.
S'il garde les mathématiques, regardez ce que demandent les formations envisagées. Pour une classe préparatoire scientifique, une licence de mathématiques ou une école d'ingénieurs post-bac, l'option expertes prépare directement aux notions de première année. Pour une formation où les mathématiques sont un outil parmi d'autres, elle n'a rien d'indispensable, et l'option droit peut avoir plus de sens pour un projet juridique.
S'il lâche les mathématiques, ne laissez pas l'option complémentaires se décider par défaut. Médecine, biologie, géosciences, agronomie, économie : ce sont précisément les études que le programme officiel de l'option cite comme ayant besoin de mathématiques. Les trois quarts des élèves qui abandonnent la spécialité ne font plus aucune mathématique. C'est un choix qui mérite d'être fait en connaissance de cause, pas par omission.
Le choix des options de terminale prolonge celui des spécialités, commencé en seconde. Il se prépare comme le reste du dossier, dès la première. La bonne question n'a jamais été « expertes ou complémentaires ». C'est « mathématiques ou pas », et ce qu'on met à la place.