Beaucoup de familles surestiment le coût d’entrée dans le supérieur public. Pour une licence à l’université, les droits d’inscription fixés au niveau national s’élèvent à 178 € par an. Le vrai sujet n’est donc pas « pourrons-nous payer l’inscription ? », mais « quels postes ces droits ne couvrent-ils pas, et quelles filières coûtent réellement plus cher ? ». Voici la carte complète, montant par montant.

Les faits clés

Combien coûte une inscription à l’université, vraiment ?

Les droits d’inscription aux diplômes nationaux (licence, master, doctorat) sont fixés chaque année au niveau national par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ils sont donc identiques d’une université à l’autre.

Pour 2025-2026, une licence ou une licence professionnelle revient à 178 € (118 € au taux réduit). Un master à 254 €, un doctorat à 397 €. Ajoutez la contribution vie étudiante et de campus (CVEC) de 105 €, et une première année de licence représente un coût d’inscription d’environ 283 € — un montant souvent très en dessous de ce que les familles anticipent.

Pourquoi certaines filières coûtent beaucoup plus cher

Tous les diplômes publics ne sont pas au même tarif. L’écart le plus marquant concerne le diplôme d’ingénieur : pour un cursus débuté après le 1er septembre 2018, le droit d’inscription est de 2 613 € par an (1 742 € au taux réduit). Les écoles d’ingénieur dont le cursus a débuté avant cette date, ou rattachées au ministère, restent à 628 €.

Les formations de santé ont aussi leurs propres barèmes. Le diplôme d’État de docteur en médecine s’élève à 525 €, le diplôme d’État de psychomotricien à 1 376 €, celui d’orthophoniste à 563 €. À l’inverse, le diplôme d’État de docteur vétérinaire ne coûte que 166 €.

Tableau — Droits d’inscription annuels 2025-2026 (taux normal)

FormationDroit d’inscription
BTS public0 €
Licence / licence professionnelle178 €
Master254 €
Doctorat397 €
Diplôme d’État de docteur en médecine525 €
Diplôme d’ingénieur (cursus avant sept. 2018)628 €
Diplôme d’État d’orthophoniste563 €
Diplôme d’État de psychomotricien1 376 €
Diplôme d’ingénieur (cursus après sept. 2018)2 613 €

Le diplôme visé par votre enfant change donc l’addition du simple au quinzième. C’est un paramètre à intégrer dès la formulation des vœux, pas à découvrir à l’inscription.

Le cas particulier des BTS et des diplômes d’établissement

Deux situations échappent à la grille nationale.

D’abord, l’inscription dans un BTS public ne donne lieu à aucun droit d’inscription. C’est un point souvent ignoré des familles, alors qu’il pèse dans la comparaison entre filières courtes.

Ensuite, les établissements peuvent délivrer leurs propres diplômes — distincts des diplômes nationaux. Ils en fixent alors librement les droits. Pour ces formations, un seul réflexe : contacter directement l’établissement pour connaître le montant, qui n’a rien à voir avec les tarifs nationaux.

La CVEC : le poste que beaucoup oublient

La contribution vie étudiante et de campus s’ajoute aux droits d’inscription. Son montant pour 2025-2026 est de 105 €. Elle est obligatoire et son attestation doit être présentée à l’établissement au moment de l’inscription.

Trois points pratiques à connaître. Elle ne se paie qu’une seule fois par année universitaire, même en cas d’inscriptions multiples. Les étudiants inscrits dans une formation post-bac en lycée — comme un BTS — n’y sont pas soumis ; les élèves de CPGE, en revanche, la règlent. Enfin, elle n’est pas remboursable en cas de renoncement à l’inscription ou d’interruption des études en cours d’année.

Ce que les droits d’inscription ne couvrent pas

Le coût réel d’accès au supérieur ne se limite pas aux droits et à la CVEC. Plusieurs postes annexes, non couverts, pèsent souvent davantage : le logement, le transport, le matériel pédagogique, et un éventuel transfert d’inscription entre deux établissements (23 € retenus par l’établissement de départ).

Sur la couverture santé, une clarification utile : le régime étudiant de sécurité sociale a été supprimé le 31 août 2019. Tous les étudiants sont désormais affiliés au régime obligatoire d’Assurance maladie, sans cotisation spécifique à régler à l’inscription.

Qui peut être exonéré ?

Plusieurs dispositifs réduisent, voire annulent, la facture des droits d’inscription.

Les boursiers du gouvernement français et les pupilles de la Nation sont exonérés des droits d’inscription. Les boursiers et bénéficiaires d’une allocation spécifique peuvent en outre demander l’exonération de la CVEC.

Au-delà de ces cas, chaque président d’établissement peut accorder une exonération à certains étudiants, dans la limite de 10 % des inscrits (hors boursiers et pupilles de la Nation), selon des critères fixés par le conseil d’établissement. C’est une voie peu connue, qui mérite d’être explorée en cas de difficulté.

Ce que ça change pour votre famille

Trois repères pour cadrer le budget sans le surestimer ni le sous-estimer.

D’abord, distinguez le droit d’inscription (souvent modeste : 178 € pour une licence) du coût réel de la vie étudiante (logement, transport, matériel), qui constitue l’essentiel de la dépense. Le premier est connu et fixé ; le second se prépare.

Ensuite, intégrez la filière dans l’équation dès les vœux : entre un BTS public à 0 € et un diplôme d’ingénieur récent à 2 613 €, l’écart est structurant.

Enfin, vérifiez l’éligibilité aux exonérations — bourse, statut de pupille, ou décision d’établissement. Ces dispositifs existent et sont sous-utilisés.


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Sources : service-public.gouv.fr, fiche pratique F2865 « Coût d’une inscription dans l’enseignement supérieur » (Direction de l’information légale et administrative, vérifiée le 8 juillet 2025) ; Code de l’éducation (art. L612-1, L841-1) ; arrêté du 19 avril 2019 relatif aux droits d’inscription ; ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR).